Architectes: Le SLAM à la recherche d’une cohérence urbaine Imprimer

Article de l'économiste :

Le Syndicat libre des architectes du Maroc (SLAM) rempile. Cette organisation, dont l’objectif est de réhabiliter la profession d’architecte, entame ses premières démarches associatives.

En effet, sa préoccupation première, aujourd’hui, est de “mettre en place le concours Wifak destiné à la construction de 3.000 logements”, indique Amine Cheddadi, vice- président du SLAM. Ce projet, d’ailleurs, les responsables du syndicat en ont déjà tracé les contours, lors de leur rencontre avec Taoufiq Hjira, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé du Logement et de l’Urbanisme. 

 Aujourd’hui, ajoute-t-il, il s’agit d’une recherche de cohérence urbaine et territoriale qui servirait à rendre cet espace plus commode à vivre. Par commodités le SLAM entend aussi convivialité, sécurité, épanouissement, infrastructure ou encore accessibilité. Et pour atteindre cet objectif, une nouvelle vision est nécessaire dépassant celle de la construction par fractions. Les professionnels expriment le souhait de travailler en amont dans la conception de projets urbains et non plus dans la simple réalisation de lotissements. Le cadre de vie de l’usager est l’argument mis en exergue.

Créer des villes et non plus des cités dortoirs, tel serait le credo. Il s’agit d’une planification stratégique à travers des projets urbains, dont l’objectif est ‘de planifier et penser ]a ville”. Et cela en associant tous les partenaires, autant les usagers que les associations de toutes sortes. Il s’agit d’une démarche participative qui serait à l’origine d’une nouvelle vision de la ville.


Aujourd’hui, un ensemble à construire doit être appréhendé d’une manière globale. Nous devons être capables de créer une harmonie entre les différentes structures”, ajoute Amine Cheddadi. Et pour cela, l’appel est lancé aux usagers, élus, techniciens, urbanistes, sociologues et personnalités de la société civile. C’est de celle façon que le SLAM envisage l’urbanisation des 3.000 hectares à Casablanca.

Dans une première phase communicative, le SLAM compte porter son projet à l’intérêt des différents acteurs et intervenants afin de recueillir leurs propositions. Seconde phase: la consultation. Lorsque toutes les propositions seront réunies, des plans de cohérence territoriale seront élaborés. Le responsable ajoute que c’est une expérience qui a été déjà menée en Europe et réalisée avec succès.

Ainsi, le SLAM devient un élément fédérateur, tentant de refléter au mieux les attentes des usagers. Les architectes, quant à eux, seront chargés de traduire la volonté des habitants.

La troisième phase consiste à mettre sur pied un concours. Et pour cela, le SLAM fait appel aux sponsors pour financer les consultations et primer les lauréats. Mais aussi aux élus qui pourraient, d’ores et déjà, cogiter afin de soumettre quelques idées dans la perspective des communales.

Une fois les consultations bouclées. les commissions élaboreront des cahiers des charges citoyens qui seront mis à la disposition des architectes pour le concours. Fainz participer des artistes, usagers ou élus à la conception de l’urbanisation est une nouvelle approche, qui, espère le SLAM, fera des émules. est d’obtenir autre chose que des morceaux de ville épars et sans cohérence. II s’agit de dialoguer avec la ville en recomposant le territoire urbain. Une plus grande efficacité. C’est ce que le SLAM compte obtenir en lançant ce concours, qui réunit les exigences sociales et économiques. Et peut-être même développer la culture dii contre-projet, celle qui pousserait spontanément les intervenants à pouvoir amener de nouvelles dispositions si elles s’avéraient nécessaires. Ce concours sera lancé dans trois mois.

Radia LAHLOU